Chaque geste nouveau me pèse, le mouvement m’intimide – je ne sais plus lui donner d’intention, chaque résolution se perd dans le soupçon – le regard se disperse dans une visée absurde, une sourde méditation le remplace.
Seuls les gestes auxquels je ne pense plus se poursuivent à travers l’encre du passé commun – la fatigue et moi réunis dans un intime éloge de la mort ou du commencement de la vie – je sens la rouille paralyser leurs courses jusqu’aux objets éteints.
Parfois, ils se déroulent dans un espace où se fanent les ombres.
Les mots dans la gorge
concrétions de sel
en moi, le bruit de ressac
geste de l’eau brisée
sur la pierre des origines
– plus présente que jamais.
Geste de l’écriture
frapper l’âme tendre du papier
glisser les mots dans son désir
adresser ce que l’on tait au silence
confondre vivre et aimer – pour qui ?
Le mensonge m’étreint jusqu’au lever du jour.