Kamanche

Dans le bois du mûrier, sous la peau, la vibration retenue, deux octaves sans fin

La pulpe des doigts glisse entre les cordes, les ongles se font oiseau

La main repliée frappe la porte de nos jardins – corps tourné vers la ronde – le ventre reçoit la plainte

La nuit viendra
Tenir l’archet
Du murmure
Dans notre gorge
Battements rapides
Du cœur

Onde vive distordue en étincelles
Libérée des anfractuosités de la matière

Cri de détresse, timbre désemmuré
Signal de chair contre ma peau

Attendre sans attendre,
Dans ta bouche,
La dernière crispation
De l’espace
Note fauve
Conclusion
De toutes les feuilles
Tombées une à une
Sur ton ventre


Le Kamanche ( « petit arc ») désigne une famille d’instruments à cordes frottées d’origine iranienne datant du IXe siècle.