J’ai longtemps écrit pour fuir le regard vide du suicide, mes phalanges étaient des tiges à demi détachées du cœur battant des paumes.
J’ai longtemps écrit à l’envers de l’absence, l’eau noire de la première mort montait de chaque silence, elle noyait le nom que je traçais.
Mes mains ne savaient pas tenir, retenir, serrer; je m’efforçais de garder mon corps à flot, de le réchauffer sous la main des hommes, leurs doigts curieux, leur sexe tendu comme l’espérance.
Formuler et saisir sont choses équivalentes. Il m’a fallu la vie pour en faire une fleur qui ait l’odeur de ton amour.