Séparation

À l’heure grave de la séparation,
nous avons souri,
regardant un instant,
le soir tombé sur le ciel
comme un jouet d’enfant renversé.

Nous nous sommes embrassés,
dans la bouche, toujours nue,
la première sensation,
j’ai respiré tes cheveux
pour en garder l’odeur de boucles.

Quand j’ai demandé pourquoi,
tu as demandé le silence,
une autre manière d’aimer,
la distance des corps
comme une promesse.

Il y a ici quelques rues
menant à nos retraites
de pierre et de ciment,
quelques lignes offertes
à l’ennui.

Ce soir, nous avons souri
en nous séparant,
à la main chacun pour soi
une chandelle.