
Je pense que vous l’avez remarqué : tout augmente. C’est l’inflation. Il devient difficile de dire avec Raymond Devos « Une fois rien, c’est rien ; deux fois rien, ce n’est pas beaucoup, mais pour trois fois rien, on peut déjà s’acheter quelque chose, et pour pas cher ». C’est ce qui m’a donné l’idée d’écrire cette petite chronique.
« Qu’est-ce que tu veux ? Une glace ? ». Quand on est petits, seuls les parents peuvent acheter. Ils nous offrent des friandises, des jouets. C’est d’ailleurs un peu une déception parce que le Père Noël et la petite souris étaient bien plus merveilleux. Mais on se rabat sur les parents. Tout ce qu’ils achètent est forcément un cadeau, même le pain, parce qu’on ne s’intéresse pas à ce qui doit être acheté pour vivre, ni aux factures (trop abstrait). Parfois, ils refusent, on fait une crise, on voudrait prendre quand même ce que l’on veut (ou on renonce si on est déjà sage). Les parents, quand on grandit, c’est l’État providence (quand il y en a un). Le seul souci c’est qu’il prélève l’argent des dons sur nos achats et sur la vente de notre force de travail. Combien nous prend-il et à qui donne-t-il c’est toute la question que posa un jour Gainsbourg à la télévision en brulant un billet de 500 francs pour montrer ce qu’il lui restait après les 74% d’impôts (non sans préciser, au cas où on lui parlerai de solidarité que ça n’allait pas aux « pauvres » mais au « nucléaire »).
On peut donc s’acheter des choses ou en acheter pour offrir. Ce deuxième sens est apparu au milieu du XIIe siècle, après que le verbe ait signifié « échanger contre de l’argent ». Mais il demeure une ambiguïté dès l’origine puisque, si l’on en croit le Dictionnaire historique de la langue française, le verbe acheter, venu du latin populaire accaptare, de ad -vers soi à captare qui a donné par emprunt capter, est peut-être issu du verbe acceptare, accepter (un cadeau donc ?). En latin, on disait normalement emere remplacé après le IIe siècle par comparare signifiant procurer, d’où vient notamment l’espagnol comprar.
Acheter est un des verbes les plus utilisés en français, parait-il, très loin devant vendre. C’est un peu comme dans les sondages où l’on demande aux femmes et aux hommes leur nombre de relations sexuelles avant le mariage et que l’on s’interroge, au vu des résultats, sur les femmes avec lesquelles les hommes ont bien pu avoir lesdites relations. Acheter est sans doute plus innocent. Vendre est tout à fait coupable. Vendre est un art honteux (sauf quand on vend de l’art, justement). C’est peut-être pourquoi il existe tant de sites et de livres sur les techniques de vente. En publicité, vendre a la valeur de « faire vendre » et on rejoint encore une fois l’étymologie puisque ce verbe « représente l’aboutissement (980) du latin vendere « mettre en vente » et, parce que le vendeur prône sa marchandise, « vanter », sens plus fréquent dans le dérivé venditare. Le verbe vient de la soudure de venum (vénal) et dare (donner). « faire valoir », contraction de venum (vénal) signifiant vente et dare, datum (donner) ». Après son premier emploi, abandonner quelqu’un pour de l’argent, trahir, il a signifié céder une marchandise pour une somme d’argent.
Judas a ainsi trahi le Christ pour trente deniers. Il semble qu’il tenait les cordons de la bourse et trouvait Jésus trop dépensier, ou qu’il s’est senti menacé en tant que sicaire, juif révolté contre le pouvoir romain, par le « Il faut rendre à César ce qui est à César ». Il payé cher sa trahison, peut-être par sens de la culpabilité au vu de son comportement incohérent (après avoir livré pour un mois de salaire le fils de Dieu, il est revenu auprès de lui, l’a désigné aux soldats, puis a rendu l’argent et s’est pendu une fois la sentence exécutée ). Il n’est cependant pas besoin de trahison pour que vendre soit mal. Après tout, Jésus avait chassé les marchands du temple et, même si cette interprétation est tardive et contestable, le lien avec la profession de marchand apparu au XIIe siècle (encore !) dans un texte extrait de l’Opus imperfectum in Mattheum, attribué à Jean Chrysostome s’ouvre par une phrase appelée à devenir célèbre : « En chassant les vendeurs et les acheteurs du Temple, le Seigneur a montré qu’un marchand ne peut jamais, ou à peine, plaire à Dieu (homo mercator vix aut nunquam potest Deo placere). C’est pourquoi nul chrétien ne doit être marchand […] ». La suite du texte condamne la vanité de la richesse du marchand qui ne sert pas dans l’au-delà, puis distingue l’artisan (dont l’activité est honnête) du marchand (qui ne transforme pas les biens). Il présente ensuite un cas pire que celui du marchand : l’usurier. Il semble que l’Eglise ait adouci cette interprétation par la suite mais sans beaucoup de succès.
Acheter est donc plus innocent, même quand il s’agit de s’offrir quelque chose. Continuer les cadeaux mais pour soi-même, avec l’argent qu’on a gagné. C’est grandir, donc. C’est aussi montrer sa puissance en exhibant son pouvoir d’achat : plus on en possède, plus on domine dans la société, disait Adam Smith (je sais ça vous surprend, mais il défendait la valeur travail et les salaires élevés ). C’est le trop acheter qui devient coupable : on est victime de la société de consommation qui détruit le monde et alimente le capitalisme « toujours capable de fournir toujours plus de biens pour toujours moins cher » . Il faut bien reconnaître que nous aimons acheter moins cher. Il suffit de voir ce que donnent les soldes ou les Black Fridays. Après tout, c’est bien cela la massification : il ne sera pas dit que seuls les riches peuvent acheter plus que de quoi se nourrir. De plus, acheter remplace souvent agir. C’est un verbe anti-déprime qui nous fait croire que nous sommes maîtres de notre destin. Un coup de barre ? Un Mars et ça repart ! Un doute sur sa séduction ? Une crème parce que je le vaux bien ! Un doute sur ses capacités ? Just Do It ! Posséder remplace l’être de la métaphysique classique depuis que Nietzsche nous a appris que Dieu est mort. Et, depuis quelques décennies, consommer peut-même signifier se distinguer, voire se rebeller, faire ses choix (Be yourself !).
Il semble que nous supporterions mal que tout devienne plus cher pour faire revenir les emplois (ou sauver la planète), raison pour laquelle Pierre-Noël Giraud estimait, en épilogue d’un de ses livres que les démocraties ne pouvant assumer ces choix, notre avenir le plus probable en Europe est l’accroissement des inégalités et l’appauvrissement des classes moyennes. Je sais, ce n’est pas joyeux. Ne soyons pas trop pessimistes cependant : on peut désormais acheter « durable », « responsable », « militant », grâce à des labels. Mais ce n’est pas simple, car comment s’y reconnaitre ? L’Ademe a ainsi édité « un guide répertoriant 100 labels environnementaux, dont certains intègrent une dimension éthique ». Bon, intégrer 100 labels, c’est beaucoup et scanner avec son smartphone tous les produits est un peu compliqué, sans compter les applications et le réseau nécessaire (est-ce bien éco-responsable ?), d’autant que s’y ajoutent d’autres labels commerce équitable, type « Équitable et bio », « Fair for Life », « Agri éthique France ». A tout ceci s’ajoutent les différents labels bio, le nutriscore grâce auquel on apprend que le confit de canard est gras et les bonbons sucrés. Il semble qu’il faille labelliser les labels. Enfin, tout ceci a l’avantage de permettre de repérer les prix plus élevés. On peut donc choisir d’acheter hors label pour moins dépenser. Mais c’est raisonner en boomer. Il faut compter sur la jeunesse, comme ils disent. Moi, je veux bien, simplement je ne sais pas pourquoi les jeunes achètent tant de repas chez Uber Eat ou Deliveroo, veulent nettoyer la planète mais pas leur chambre ou calculent le bilan carbone des avocats pour le guacamole mais pas d’Internet.
Il y en a qui sont trop forts, ce sont les Gafam qui ont réussi le tour de force de dissimuler totalement la vente. Google est gratuit tout comme Facebook et Instagram, encore aujourd’hui X ou Twitter. Mais, comme dit un génial internaute anonyme : « si c’est gratuit, c’est que tu es le produit ». Nous n’achetons plus, nous vendons nos vies dans tous les sens du terme, nos « données » et notre temps d’attention disponible, la valeur la plus rare (et ce qui est rare est cher) en ces temps d’excès d’informations. Tout ceci rappelle le sens figuré de vendre : céder un avantage, une faveur, se vendre. Tout le monde est à vendre, dit-on sur Netflix, c’est une question de prix.
Dématérialiser la vente sera bientôt encore plus facile quand le bitcoin aura fait disparaitre la monnaie. Car oui, pour acheter, et vendre, il nous faut encore de l’argent. Après le troc, le grain d’orge, ou le sel, d’où nous vient le salaire, Hammourabi a créé le sicle d’argent en Mésopotamie tandis que la bien oubliée déesse romaine Juno Moneta donna son nom à la monnaie. Ces belles et lourdes pièces furent converties en papier par les Chinois puis on est passé aux chèques à partir de 1659, à la carte bleue juste avant mai 68, puis au téléphone. On a de moins en moins d’argent « liquide » comme on dit, surtout depuis la Covid et la lutte contre le blanchiment, les chèques sont chers et voici l’ère des crypto-monnaies, dont le bitcoin est la plus connue.
C’est un peu la complexification dont on a l’habitude depuis la dématérialisation généralisée, appliquée à la monnaie. Tous les sites spécialisés prévoient une définition qui commence par « pour faire simple » (c’est un peu comme les schémas avec des flèches dans tous les sens). Pour faire simple, donc, une crypto-monnaie est une monnaie électronique, dont la génération et les transactions sont cryptées, qui fonctionne sur la base technologique de la blockchain. Pour faire simple, la blockchain, ou chaîne de blocs, est « un registre », « une grande base de données » qui a la particularité d’être partagée simultanément avec tous ses utilisateurs, qui ont également tous la capacité d’y inscrire des données, selon des règles spécifiques fixées par un protocole informatique très bien sécurisé grâce à la cryptographie » (il parait pourtant qu’il y ait des scam (ce qui en bon français veut dire arnaque) : ces monnaies sont cotées en bourse et on a pu observer, lors des périodes de hausse, en 2021 par exemple près de 14 milliards de dollars ont été perdus à cause des scams crypto). Comme toute devise vous pouvez la garder dans un portefeuille mais ce n’est pas celui dans lequel on met une photographie de ceux qu’on aime pour les garder sur le cœur ( allusion que vous aurez peut-être reconnue à l’un de mes films préférés, avec ses héros vendeurs Shop around the corner de Lubitsch) : c’est un wallet : les hot wallet (portefeuilles chauds) qui nécessitent une connexion Internet pour fonctionner, et les cold wallets (portefeuilles froids), des dispositifs physiques moins vulnérables à un truc aussi bête qu’une panne. Enfin, toute la valeur d’un portefeuille de crypto-monnaie ne tient qu’à un fil, ou dans ce cas d’une chaîne de caractère. En cas de perte de cette dernière, le portefeuille entier est perdu dans les limbes d’internet. Pour rester dans la simplicité, l’inventeur du Bitcoin serait Satoshi Nakamoto, c’est-à-dire un pseudonyme dont on ne sait qui il cache, ni combien de personnes il cache.
Bref, une guerre féroce a lieu pendant que vous regardez les soldes entre les adeptes des crypto monnaies, qui seraient la libération ultime du monde puisqu’elles ne sont fondées sur aucune matière première, régulées par aucun organisme central ni aucun État, et ses ennemis, FMI et États-Unis en tête (ça nous change). La dernière évolution majeure est que l’Arabie saoudite se tourne résolument vers la crypto. « Si le dollar perd son statut mondial, comme le suggère le président Poutine, cela pourrait entraîner une inflation aux États-Unis, impactant l’économie mondiale » . Une guerre rejoint l’autre. Je crois que je préfère les soldes, finalement.
D’ailleurs, que peut-on acheter avec tout ça ? De plus en plus de choses, parait-il, enfin pas trop en France où les commerçants se font tirer l’oreille, et beaucoup de choses avec le mot « luxe » dedans (chaussures de luxe, sacs de luxe etc). Mais surtout, on peut acheter dans le Metavers. Allons bon, j’ai dû aller chercher ce que c’était (il semble que seuls 32% des Français savent ce que c’est, je suis rassurée). Ici, la racine grecque meta signifie tout ce qui va au-delà, qui va après, accolé au mot mot anglais universe, il désigne un univers qui va au-delà de notre monde, un monde virtuel. Ce devait être le successeur d’internet (encore une révolution), issu d’un vieux concept de science-fiction cyberpunk selon lequel l’intégralité du Web deviendrait un univers virtuel immersif qui, alliant réalité augmentée et espaces virtuels, jeux vidéo, réseaux sociaux, e-commerce, mondes immersifs en 3D, mais aussi des places de marché va transformer les rapports sociaux. De nombreuses marques y ont investi massivement, par exemple Nike, allié avec un créateur de jeux vidéos, y a créé Nikeland, un monde virtuel dans lequel les utilisateurs peuvent vêtir leurs avatars avec des produits textiles de la marque (j’ai envie d’être méchante et de demander si on peut piller Nikeland). Les achats, notamment d’œuvres d’art, fonctionnent avec des NFT (Non Fungible Tokens). Pour faire simple ce sont des certificats de propriété digitaux dont l’authenticité s’appuie sur les chaînes de blocs (ah oui encore), une technologie qui permet d’identifier des stocks de données non duplicables et inviolables. Enfin, pour accéder à cet univers, il ne suffit pas d’un ordinateur, il faut un casque de réalité virtuelle sans fil. Ça marche plus ou moins : la Silicon Valley a tout misé sur ce deuxième monde numérique au début des années 2000, Meta, anciennement Facebook, avait investi près de 10 milliards de dollars pour développer cette technologie où il a perdu des sommes astronomiques (et des emplois).
Là encore le débat fait rage : le metavers est-il fini ? Meta s’est planté mais la réalité virtuelle a de l’avenir et des entreprises commencent à réorganiser leurs forces de vente avec cette technique. Les grandes plate formes de jeux vidéos immersifs avec leur propre économie et leur propre monnaie marchent bien : Roblox, que l’on peut qualifier aussi de métavers compte près de 67 millions d’utilisateurs quotidiens. Il faut dire que tout ça est conçu pour être totalement addictif mais, comme disent les études, ce n’est pas vraie une addiction. Simplement, en s’adressant à la jeunesse, on est sûrs de se saisir des cerveaux avant qu’ils soient matures. On les capte (où l’on retrouve le verbe acheter).
Une nouvelle révolution est en cours, mais celle-là je pense que vous la connaissez mieux, au moins de nom : les intelligences artificielles génératrices, depuis la création de ChatGPT, le robot conversationnel lancé fin novembre 2022 par la start-up américaine OpenAI. On nous annonce donc une nouvelle transformation ou un remplacement d’Internet. Pour rester dans notre sujet (acheter) le tour de force est encore une fois l’apparente gratuité (les premières versions de ChatGPT sont gratuites mais la dernière, la version 4 est payante-mais pas cher, bien sûr, c’est juste qu’on est abonné pour la vie). Deuxième tour de force, acheter et consommer, au lieu d’en être une piètre compensation, va bientôt signifier créer : on pourra acheter sa thèse, ses articles, ses poèmes sur ChatGPT4. Lui dire, par exemple, écris moi un poème à la Baudelaire sur le verbe acheter. En guise de cadeau d’appel, voici ce texte
Acheter version Baudelaire ChatGPT
Dans les rues bruyantes, la foule se presse,
À l’affût du trésor, du bien qui les intéresse.
Le verbe acheter, puissant et vénal,
Guide leurs pas avides, de l’or dans le canal.
Sous les néons criards des magasins tentateurs,
Ils traquent la marchandise, les objets en lueur,
Leurs bourses légères, leurs désirs dévorants,
Leur soif de possession, insatiable, écrasante.
Ils troquent leur âme pour un objet éphémère,
Dans l’illusion fugace, la douceur de la lumière.
Le verbe acheter, un pacte avec le diable,
Le bonheur en carton, fragile et misérable.
Mais au fond de leurs cœurs, un vide persiste,
Car le trésor acheté ne comble pas l’abyssaliste
Le verbe acheter, trompeur et éphémère,
N’est qu’un mirage, une illusion amère.
Dans l’obscurité des nuits sans étoiles,
Ils errent, perdus, dans leur quête folle.
Le verbe acheter, un piège mortel,
Qui les mène tout droit vers un enfer éternel.
Alors, cherchons ailleurs le vrai trésor de la vie,
Dans l’amour, la beauté, la poésie infinie.
Loin du verbe acheter, trouvons la vraie richesse,
Dans l’âme, le cœur, la tendresse qui nous enlace.
J’ai un peu mal à la tête, pas vous ? Finalement, ce que tous ces génies nous prennent c’est ce que nous avons toujours rêvé de pouvoir acheter, le temps. Il parait qu’acheter du temps est ce qui rend le plus heureux, c’est ce que dit une étude de Harvard (mais on le savait déjà). D’où l’intérêt pour la retraite, que nous avons l’impression d’acheter toute notre vie (alors que nous payons celle de nos aînés), parce qu’on voudrait vivre un peu mieux avant de mourir.
Je ne sais pas si ça va vous plaire mais il parait qu’on pourra bientôt acheter (très cher cette fois) la vie éternelle : c’est un marché investi par les transhumanistes de la Silicon Valley. Selon le politologue Klaus-Gerd Giesen, le transhumanisme a vocation à devenir « l’idéologie dominante de la quatrième révolution industrielle ». Google a recruté l’une de ses figures de proue, Ray Kurzweil, et a fondé la Singularity University. Le mouvement est uniformément animé par l’idée d’exploiter les ressources des biotechnologies et de l’intelligence artificielle pour en finir avec le vieillissement et notre condition de mortels : « l’être humain “naturel” est obsolète et doit être amélioré par la technologie » ; « les êtres humains seraient biologiquement trop limités pour pouvoir affronter efficacement les défis de la complexité croissante du monde » (décidément la simplification n’est pas pour demain) ; « il convient de pleinement fusionner l’être post-humain et la machine » (l’entreprise Neuralink, créée par Elon Musk vise à la création de « cyborgs super-intelligents »); « il convient de dépasser […] l’humanisme ». Il y a là un marché énorme mais le transhumanisme « prend aussi une dimension gnostique quasi religieuse, dans la mesure où de nombreux auteurs croient dur comme fer à la possibilité de rendre l’être humain à terme immortel, voire à technologiquement ressusciter les morts » . Peut-être pourra-t-ton télécharger son esprit – et même son ADN – sur un disque dur. Je ne sais pas ce qu’en penserait Jésus.
En préparant cet article j’avoue avoir ressenti une forme de satisfaction à constater que l’immobilier dans le métavers a plongé. Les maisons et appartements virtuels achetés des millions ne valent presque plus rien. Profitons-en, tant qu’il est encore temps, pour nous acheter une maison et un bout de terrain. J’ai trouvé une annonce :
« A céder, en toute propriété, sans limite de temps, charmant pavillon à la campagne dans un parc clos de murs… – animé de cloches et chants d’oiseaux pendant le jour, silence total la nuit. – Regrets perpétuels ». Jean Tardieu.