
Anna de Noailles, diaporama de Luc-Marie Pouech
Le poème J’écris d’Anna de Noailles (1876-1933) est l’un des très beaux poèmes de la langue française sur l’éternité au sens de « vie éternelle, après la mort ».

Anna de Noailles, diaporama de Luc-Marie Pouech
Le poème J’écris d’Anna de Noailles (1876-1933) est l’un des très beaux poèmes de la langue française sur l’éternité au sens de « vie éternelle, après la mort ».

Je me souviens du regard de mon père dans le rétroviseur. Il est concentré, j’entends le bruit des pneus sur l’asphalte. Dans la voiture c’est le silence. La nuit, les routes de campagne défilent dans les phares et nous traversons la forêt des contes, emplie de princesses qui s’égarent et de monstres. Je regarde, fascinée. Une ligne discontinue blanche, parfois à demie effacée, nous guide comme les cailloux du Petit Poucet. La peur est contenue à l’extérieur et je me sens en sécurité, je sais que nous arriverons où il entend nous conduire.

Le divan de Freud
Ce texte est un poème d’amour d’un genre particulier, puisqu’il tente d’évoquer l’amour ressenti pour un psychanalyste dans le cours de la thérapie. C’est pourquoi je l’ai appelé transfert, ce mot issu de l’allemand Übertragung (report) désignant l’ensemble des sentiments ressentis par le patient à l’égard de son analyste. En anglais, on emploie le mot transference et en espagnol transferencia).

Un vieil ami m’a dit récemment c’est très bien ton blog mais qu’est-ce que le mot en poésie ? Tu n’as pas fait d’article là-dessus ! Quelques temps plus tard @rogergamont qui me suit et que je suis sur twitter m’a signalé un poème sur les mots. Pour les remercier et essayer de leur répondre j’ai décidé d’écrire cet article, avec trois poèmes de Jean Tardieu et Raymond Queneau qui répondent avec finesse et humour à la question difficile du mot en poésie.

On apprend à attendre, parait-il. C’est la seule façon de mûrir. On attend le sein ou le biberon, le bercement ou la chanson. On lance une bobine, observait Freud, on joue à faire revenir maman comme ça on n’a pas à l’attendre pour de vrai.

Le sonnet du poète et écrivain argentin Jorge Luis Borges La lluvia (1960, La pluie en français, Rain en anglais, les trois versions sont reproduites ici successivement) est un des textes qui exprime le mieux, me semble-t-il, les paradoxes du temps et la force du souvenir.

Cela fait un ou deux ans que je ne me reconnais plus dans le féminisme (j’en ai un peu parlé dans Victimes). J’en suis assez peinée car je me sens toujours féministe. Mais le discours dominant est en discordance avec ce que je crois, ce que j’ai vécu et dans un contraste absurde avec les dangers actuels pour l’humanité toute entière, et particulièrement pour les femmes, de la guerre engagée par le califat.

La vision qui, en France, associe la liberté à la noblesse est porteuse d’une sensibilité exacerbée à ce qui est source de grandeur ou au contraire facteur d’humiliation

J’ai écrit ce poème sur ma mère. Ce n’est pas le seul texte que j’ai écrit ou tenté d’écrire à son sujet. Celui-ci a été publié grâce à Sébastien Doubinsky (Merci Sébastien !) dans sa revue devenue aujourd’hui une maison d’édition libre à but non lucratif Le Zaporogue. Le texte n’avait pas de titre et j’ai choisi le mot disparition, qui est au centre de ce que je tentais d’exprimer avec des références à la fuite physique (les voyages et la vie dans des villes lointaines et sans liens avec le passé), la fuite dans l’effacement des traces et le déguisement (le maquillage), et la disparition qui en est la conséquence. L’écriture peut-être un refus de la disparition.

Croire était une évidence quand j’étais petite fille. Croire en le père Noël qui volait avec ses rennes et dont on ne voyait pas encore de clones suspects dans les grands magasins. Croire en la petite souris qui était bien la seule à ne pas nous faire crier . Et surtout en Dieu. Dieu avait une maison dotée d’un clocher juste à côté de celle de mes grands-parents. Nous y passions les matinées du dimanche, avant d’aller acheter un bon gâteau. Sa cloche ponctuait et ponctue toujours les demi-heures. A l’intérieur cela sentait l’encens et le bois ciré. Dieu avait une grande barbe blanche et un fils, mort pour nous sur la croix, dont la mère était vierge.