Pénétration

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Pénétration est le titre choisi pour son poème par Hélène Picard (1873-1945). J’ai hésité à préférer le mot désir pour parler de ce texte en alexandrins que j’aime beaucoup, mais il me semble moins adapté que celui choisi par l’auteur. Le texte évoque beaucoup plus l’amour réalisé, tant sentimental que physique. On y trouve à plusieurs reprises des images qui justifient le titre, même si le mot lui-même est absent dans le corps du texte.

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Pierres

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Les pluies de ce mois de juin sur Paris m’ont rappelé un poème que j’ai écrit en 1995. Pour évoquer la solitude dans la foule des villes, j’ai « utilisé », en quelque sorte, les matériaux de construction de Paris, dont la plupart des pierres sont issues de roches sédimentaires (calcaire, argile, gypse, plâtre…). La nature de ces roches rappelle le va et vient des océans qui, dans le texte, fait écho à la pluie.

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Histoire

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A propos de « Quelle histoire, un récit de filiation (1914-2014) » de Stéphane Audoin-Rouzeau, collection Points, 2015.

Stéphane Audoin-Rouzeau, historien spécialiste de la Grande guerre, a écrit un livre d’histoire qui a la forme d’un récit de filiation. Son livre n’est pas un livre d’égo-histoire mais un livre sur « la prise de possession de l’homme par l’Histoire », suivant un motde Georges Yvernaud (La Peau et les os, Le Dilettante). Et c’est un livre magnifique sur la façon dont l’Histoire traverse les générations et dont un même événement (ici la guerre de 14-18) se décline, sous des formes différentes des pères aux fils.

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Escalier

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Quoi de plus ambigu, étrange et inquiétant qu’un escalier ? Voilà ce que dit si bien ce poème en prose de Jean Tardieu « Souvent j’oubliais». Partant de l’oubli « du sens des actes les plus simples », il évoque d’abord avec beaucoup de drôlerie des confusions qui nous sont familières, qu’il s’agisse de gestes ou de phrases, avant d’en venir, en haut d’un escalier, à un trouble singulier. Peut-on vraiment descendre un escalier sans crainte ? Et vous, avez-vous un poème sur l’escalier ?

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Téléphoner

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J’ai un souvenir mitigé du téléphone familial, un modèle crapaud, orange (c’était les années 70), stratégiquement placé près de l’entrée. Mes parents me tendaient parfois l’écouteur pour que je confirme à la famille que nous étions tous vivants. Rien ne paraissait moins évident, puisque nous étions à l’autre bout du monde.

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Victimes

Ce mot, porteur du meilleur de nos émotions, l’empathie, et d’un beau projet, aider ceux qui souffrent, me semble avoir été soumis à de telles distorsions qu’il cesse de nous toucher. Un mot, utilisé sans cesse, rabâché, resservi en toute occasion et pour des situations sans comparaison peut-être usé jusqu’à la corde. Et nous revenir en boomerang. C’est le sens de l’article que je vous propose. En choisissant ce mot et cet angle d’approche, je prends le risque de ne pas être consensuelle mais ce n’est pas non plus mon objectif.

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