
Ainsi Amour inconstamment me mène. Ce vers du poème Je vis, je meurs de Louise Labé ainsi que la forme du texte, un sonnet d’inspiration pétrarquiste[1], soit la forme la plus achevée de la poésie amoureuse[2], dit assez que l’amour en est le sujet.

Ainsi Amour inconstamment me mène. Ce vers du poème Je vis, je meurs de Louise Labé ainsi que la forme du texte, un sonnet d’inspiration pétrarquiste[1], soit la forme la plus achevée de la poésie amoureuse[2], dit assez que l’amour en est le sujet.

Douanier Rousseau, La muse inspirant le poète, 1909 (portrait de Marie Laurencin et Guillaume Apollinaire
Dans le village où je passe l’essentiel de mes vacances, les nuits sont très silencieuses. Mais, parfois, on entend quelqu’un jouer du cor de chasse. Ce son très poignant me rappelle le poème d’Apollinaire qui porte le nom de cet instrument. Le cor est souvent évoqué en poésie : chez Baudelaire (Le Cygne II), chez Victor Hugo (Le Rhin), à qui Baudelaire dédie son poème, chez Alfred de Vigny (J’aime le son du cor le soir au fond des bois) chez Paul Verlaine (Le son du cor s’afflige vers les bois/ D’une douleur on veut croire orpheline), chez Jules Laforgue ( Les Complaintes, Complainte des printemps, Complainte du soir des comices agricoles, Derniers vers, L’hiver qui vient).

Élections présidentielles 2007, Montauban.
Comme beaucoup d’entre nous en ce moment j’assiste à des débats, je m’efforce de consulter des programmes, je pense à l’avenir ; je me prépare à voter. J’espère l’adhésion, le souffle, l’idéal. J’envisage le vote par défaut, le choix du moindre mal. Je me prépare à la déception, aux accidents. J’affronte des apostrophes, je participe à des diners où l’on oublie ce qu’on mange et parle météo pour éviter les tempêtes.

Je vous entends déjà me demander « Pourquoi choisir le mot archange à propos d’un poème de Michel Houellebecq dont ce n’est pas le titre ? ». Ce n ‘est pas seulement parce que dans un blog on est libre de faire ce qu’on veut. Au-delà du fait que le mot est présent dans le texte (Où nos pères ont vécu sous l’aile d’un archange), cette figure représente ici la nostalgie de la protection paternelle, celle de l’ordre ancien du monde, jusque dans la littérature, qui est un des traits dominants chez Michel Houellebecq. En poésie et notamment dans ce texte, il revendique son caractère « inactuel » et les principes pré raphaéliques[1] que l’on retrouve par exemple dans son roman La carte et le territoire.

La semaine dernière, j’ai écrit sur le verbe être et, au fil des associations, je me suis souvenue d’un poème d’Hector de Saint-Denys Garneau lu dans l’adolescence. Il me semble, avec un autre texte, exprimer très subtilement les fragilités et l’énergie du pronom de la première personne du singulier.

Photographie de Cyril Delacour « Le bonheur d’être simplement là ».
Où es-tu ? Coucou, je suis là ! C’est mon premier souvenir du verbe être. Au tout début, nous sommes l’univers. Les lignes du verbe être ne sont pas tracées. Enfin, c’est ce que nous a appris Freud et que confirme Amélie Nothomb dans La métaphysique des tubes.

Comme je suis une anxieuse quasi professionnelle, j’ai repéré ce livre chez mon libraire favori. Je n’ai pas été rebutée par son volume (437 pages) puisque, vous le savez si vous me suiviez, les anxieux creusent beaucoup et écrivent longuement par peur d’avoir laissé passer quelque chose. Il me parait très approprié d’en parler après avoir traité de l’abus du mot phobie, car là nous sommes dans la véritable maladie phobique.

Le Robert nous a récemment consultés pour choisir, parmi dix mots, le mot de 2016. Au dernier stade de mes informations ce serait islamophobie, qui était notamment en compétition avec pauvrophobie.

Les débats des primaires m’ont rappelés ce poème de Boris Vian. J’en ai besoin pour sourire après avoir tenté de comprendre des propos confus, vagues, alambiqués, des longues phrases pour ne rien dire.

J’ai perdu une amie très chère en décembre dernier. Elle était pour moi, bien que nous ayons le même âge, comme une grande sœur. Elle m’a beaucoup appris, beaucoup donné. Je suis, comme tous ceux qui l’ont connue, dans le chagrin et pourtant, lorsque j’ai écrit un poème pour elle, le mot qui m’est venu est joie. Sa disparition est une douleur, mais elle était la joie. C’est ma vision d’elle. Pour chacun, elle était unique et chacun de ceux qui l’ont connue ont leur image d’elle. Ce poème est simplement ma façon de lui dire combien je l’aimais.