Cor de chasse

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Douanier Rousseau, La muse inspirant le poète, 1909 (portrait de Marie Laurencin et Guillaume Apollinaire

Dans le village où je passe l’essentiel de mes vacances, les nuits sont très silencieuses. Mais, parfois, on entend quelqu’un jouer du cor de chasse. Ce son très poignant me rappelle le poème d’Apollinaire qui porte le nom de cet instrument. Le cor est souvent évoqué en poésie : chez Baudelaire (Le Cygne II), chez Victor Hugo (Le Rhin), à qui Baudelaire dédie son poème, chez Alfred de Vigny (J’aime le son du cor le soir au fond des bois) chez Paul Verlaine (Le son du cor s’afflige vers les bois/ D’une douleur on veut croire orpheline), chez Jules Laforgue ( Les Complaintes, Complainte des printemps, Complainte du soir des comices agricoles, Derniers vers, L’hiver qui vient).

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Archange

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Je vous entends déjà me demander « Pourquoi choisir le mot archange à propos d’un poème de Michel Houellebecq dont ce n’est pas le titre ? ». Ce n ‘est pas seulement parce que dans un blog on est libre de faire ce qu’on veut. Au-delà du fait que le mot est présent dans le texte  (Où nos pères ont vécu sous l’aile d’un archange), cette figure représente ici la nostalgie de la protection paternelle, celle de l’ordre ancien du monde, jusque dans la littérature, qui est un des traits dominants chez Michel Houellebecq. En poésie et notamment dans ce texte, il revendique son caractère « inactuel » et les principes pré raphaéliques[1] que l’on retrouve par exemple dans son roman La carte et le territoire.

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Je

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La semaine dernière, j’ai écrit sur le verbe être et, au fil des associations, je me suis souvenue d’un poème d’Hector de Saint-Denys Garneau lu dans l’adolescence. Il me semble, avec un autre texte, exprimer très subtilement les fragilités et l’énergie du pronom de la première personne du singulier.

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Joie

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J’ai perdu une amie très chère en décembre dernier. Elle était pour moi, bien que nous ayons le même âge, comme une grande sœur. Elle m’a beaucoup appris, beaucoup donné. Je suis, comme tous ceux qui l’ont connue, dans le chagrin et pourtant, lorsque j’ai écrit un poème pour elle, le mot qui m’est venu est joie. Sa disparition est une douleur, mais elle était la joie. C’est ma vision d’elle. Pour chacun, elle était unique et chacun de ceux qui l’ont connue ont leur image d’elle. Ce poème est simplement ma façon de lui dire combien je l’aimais.

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Passereaux

 

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Quand je lis un des poèmes de William Butler Yeats (1865-1939) je suis transportée dans un jardin ou sur un balcon d’où j’ai si souvent observé le vol des oiseaux. De même, tous les vols d’oiseaux contemplés dans le calme d’un soir, et par extension tous les soirs calmes et beaux, me rappellent ce poème. Il y suffit d’un vers  : Et d’ailes de passereaux déborde le ciel du soir.

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Rose

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avec une petite erreur de date de naissance…

Invitée à la présentation par Alain Rey du Robert historique cette semaine, je l’ai entendu évoquer l’étymologie persane, au-delà du latin, du mot rose. La rose elle-même nous vient d’Iran, née dans les jardins de Perse et transplantée en Occident. C’est ce qui m’a donné envie de partager avec vous Les Roses de Saadi, un très beau texte d’une poétesse chère à mon cœur, Marceline Desbordes-Valmore.(1786-1859).

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Pluie

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Il existe beaucoup de très beaux poèmes sur la pluie. Mais j’ai une tendresse pour celui de Francis Carco que j’ai choisi de vous proposer aujourd’hui. Dans ce poème de 4 strophes de 4 vers en octosyllabes, le poète lie la pluie, l’amour et Paris de façon particulièrement réussie, simple en apparence, lyrique et musicale. Cette alliance du thème de l’eau, de l’amour et de Paris me rappelle ce que j’avais tenté de faire dans Pierres.

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